patanjali

 


Patanjali était un grand érudit de l'Inde ancienne. Nous ne savons toujours pas ses dates exactes, certains croient qu'il a vécu avant le Christ et certains un peu après Jésus-Christ. Il a écrit un livre sur la grammaire, pour discipliner le discours. Une deuxième œuvre monumentale sur la médecine pour nous aider à prends soin du corps. Enfin, il a écrit un chef-d'œuvre pour nous montrer comment contrôler l'esprit, le Yoga Sutra, en 195 phrases courtes ou aphorismes.

Il est dit que, sans Patanjali le Yoga aurait été perdu aujourd'hui. "Si vous ne pouvez pas comprendre Patanjali, vous ne comprendrez pas le Yoga, meme en maitrisant toute la littérature disponible sur le Yoga". Le Yoga Sutra n'est pas un manuel de pratiques de Yoga. Il traite de la philosophie du Yoga et le rapport avec l'étudiant ; c'est à dire, des moyens et des méthodes pour tous les types d'étudiants, du débutant à celui le plus avancé. Pensez à demander à votre professeur de Yoga de vous parler du travail de Patanjali ! Vous trouverez ici une brève explication du premier Sutra, qui est une réponse à la question suivante : quelle est la definition du Yoga et pourquoi nous devons utiliser cette technique ?

1.2  LE  YOGA C'EST LE CONTRÔLE DES MODIFICATIONS DE L'ESPRIT

Selon la philosophie Samkhya, sur laquelle le Yoga Sutra est greffé, les 3 constituants de la matière, qui sont Sattwa (pureté, l'harmonie, la lucidité), Rajas (énergie, passion) et Tamas (inertie et l'obscurité), forment l'esprit. Ils sont responsables pour l'ensemble des modifications mentales ou activités, qu'elles soient positives ou négatives. Cela signifie, par exemple, que ces constituants crées de la distractions et imposent des limites à l'individu ; quand Sattwa dans notre personnalité n'est tout simplement pas assez présent ou bien que Tamas l'est trop. Nous écoutons souvent le côté sombre à l'intérieur de nous plus que la lumière ou la raison.

Ce sont les 3 composants de l'Ego, c'est à dire qu'ils correspondent aussi aux différents aspects de la personnalité. Nous pensons avoir un esprit clair et concentré, plein d'énergie le lundi, mais le mardi nous nous sentons fatigués et déprimés, à cause de toute l'énergie utilisée la veille et aucun but ne peut plus clairement apparaître... Nous avons tous connu cet état d'esprit et de tels sentiments. Ces sentiments, cette instabilité, sont les résultats des modifications de l'esprit. Ils peuvent devenir très lourds pour l'individu et créer de la tristesse chronique, de la fatigue à répétition, jusqu'à la maladie mentale étant donné son caractère incontrôlable et répétitif. Patanjali propose ici pour arrêter ce processus infini, de sortir de la souffrance en pratiquant sincèrement le Yoga. C'est donc le contrôle des modifications de l'esprit instable. Notre esprit devient plus fort en pratiquant. Les différentes techniques, étape par étape comme un chemin de vie, sont développées dans la deuxième partie du livre:

 

1. Yama et Niyama: Les Yamas sont un ensemble de contraintes comme la non-violence (physique et mentale), vivre la vérité (envers les autres et soi-même), ne pas voler, rester constant, ne pas convoiter. Les Niyamas sont un ensemble de choses à observer, comme la pureté (du corps et de l'esprit), le contentement, la force, l'étude de soi, s'en remettre aux pères ou aux modèles de nos vies. Comme nous l'avons dit dans notre billet précédent, le yoga ne veut pas dire s'interdire. Dans notre vie, il suffit d'être et de se sentir un bon humain. Ainsi, les Niyamas sont beaucoup plus importants.

2. Asana: C'est l'entrainement du corps et de l'esprit à travers des postures physiques et mentales. C'est une pratique très rigoureuse et méthodique, se terminant automatiquement par un moment allongé ou tous les organes sont au repos. Car être en bonne santé est un devoir. Sans un corps formé et entraîné, le yogi ne peut pas aller de l'avant, il ne peut pas atteindre les techniques ou les étapes suivantes et va éprouver de la douleur en expérimentant ces prochaines étapes.

3. Pranayama: Ou la régulation de la bioénergie. Grâce à des exercices de respiration,  par le contrôle des voies respiratoires et du système nerveux, nous devenons stable. Nous commençons à comprendre beaucoup mieux les activités, les changements, à l'intérieur et le lien entre la conscience du corps et celle de l'esprit. L'energie se trouve en chacun de nous. Il ne vous arrive jamais d'avoir le dos tourné à une porte et pourtant de pouvoir sentir qu'une personne se cache derriere ? C'est l'energie du corps que vous sentez. Ou bien une personne entre dans une pièce que vous ne connaissez pas. Et pourtant, dés qu'elle a passé la porte quelque chose a changé...

4. Pratyahara: Si les autres étapes des activités physiologiques sont bien harmonisées et sous contrôle, alors nous pouvons pratiquer celle-ci qui consiste à combler le fossé entre le corps et l'esprit. A travers des exercices psychosomatiques, par le processus d'abstraction. Cela se compose de relaxation, la centralisation, la visualisation, la dissociation, l'ensemble des processus créé pour nous libérer des distractions environnementales, émotionnelles, et sensuelles. Par distraction, nous entendons tout ce qui apporte de la souffrance et empêche le bonheur.

5. Dharana et Dhyana: Cette étape qui dépend de toutes les autres, est la méditation qui sert à atteindre des niveaux plus élevés de conscience. Nous reviendrons ultérieurement sur cette pratique.

6. Samadhi: Ou état silencieux. Le yogi reste insensible aux afflictions physiques et mentales, connaît la paix éternelle. L'ensemble de ces pratiques est appelé par Patanjali Ashtanga Yoga, c'est à dire, le Yoga aux 7 étapes.

Que faut-il retenir ici ? C'est que chaque étape ou technique ne peut pas être suivie sans les autres. De cette façon, il est utile de toujours garder à l'esprit la première des vertus de la première étape : La pratique de la discipline 'Ahimsa' ou 'non violence', que la violence soit effectivement causée ou est amenée à être faite par d'autres, ou peut être faite par d'autres, ou est le résultat causé par le désir ou par la colère ou par l'ignorance ou qu'elle soit même douce ou intense. Tous les types de violence à l'extérieur comme à l'intérieur doivent être évités, tout au moins identifiés et traités. La discipline de la non-violence est comme une clé qui va ouvrir toutes les autres portes et amène l'étudiant aux étapes suivantes sans beaucoup d'efforts, si et seulement si la pratique de la non-violence devient naturelle. Elle apporte une vie tranquille et facile en société. C'est être gentil avec l'étranger et avec soi-même. Cela peut être pensé jusqu'au fait qu'il ne faut pas voler la tranquillité d'esprit de quelqu'un, car c'est une forme de violence.